(NEO)COLONIALISME: Ca fini quand?..

Le citron permettant la compétitivité de la France, son assise confortable au niveau international, n’a manifestement pas fini d’être pressé… Joyandet l’a clairement dit lors de son passage sur France 24 le 20 Juin dernier (cf reportage ci-dessous). Le secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie, feignant maladroitement d’y être opposé, explique que le détournement d’argent public en Afrique ne doit pas être au centre des préoccupations de la France (sous entendu laissons-les faire tant qu’ils nous laissent faire!).

Alors, comment justifier cette pesante, étouffante et inutile présence de la France en Afrique?

Le bon monsieur a une formule toute pré-mâchée qu’il régurgite fièrement à qui veut l’encaisser:

« Plutôt que de leur donner des poissons, il vaut mieux leur donner des filets et leur apprendre à s’en servir… »

Entendez-vous cela bande d’incapables assistés! Et s’ils se contentaient de cesser de nous injecter continuellement leurs poisons, ces Français! Ne parviendrions-nous pas à sortir des mailles de leurs filets?

Ensuite, a la question de savoir comment asservir davantage l’Afrique? Joyandet répondrait qu’il enverrait 15000 gardes fous supplémentaires ayant pour but d’augmenter « l’influence française » en Afrique car l’Afrique s’éveille! Dirait-il… Comprenez plutôt: il faut très vite les (les Africains) replonger dans leur léthargie caractéristique et si arrangeante avant qu’ils ne soient conscient de leur capacité à être autonomes. Et puis, ne voyez surtout pas une once d’humanisme dans l’expression de Joyandet « Il faut changer… ». Que nenni! la France aime les ressources de l’Afrique pas ses encombrants habitants d’africains… Les financements que la France envisage d’augmenter en Afrique sont un moyen de protéger leurs positions et de faire face à la grandissante concurrence Chinoise. La France ne fait que défendre « SES Valeurs » et non pas les intérêts des Africains ni de l’Afrique!..

Alors pourquoi parle-t-il de partenariat privilégié avec l’Afrique me direz-vous? Je vous répondrai que, plus tôt dans cet interview, le malhabile orateur Joyandet parle de partenariat historique entre la France et l’Afrique… Alors que c’est de colonialisme dont-il s’est agit dans mon historique! Par partenariat privilégié il faut entendre néocolonialisme décomplexé à la française. Soudain, comme torturé par sa conscience, Joyandet ne pu soutenir plus longtemps son tissus de bêtises. Et lorsque le journaliste Sylvain Attal lui demanda: »…La France protecteur de certains mauvais comportements, gendarme de l’Afrique, ça continue? » Joyandet rétorqua sans hésiter: « bien sur mais… » regardez ailleurs je vous prie!

Alors mon frère, ensembles ne regardons plus ailleurs!

Paul & Mick

Extraits des déclarations de A. Joyandet :

· « L’implantation des entreprises françaises en Afrique est l’une de mes priorités», interview à lejdd.fr, 20 mai 2008.
· « J’ai des convictions mais je veux aussi défendre notre pays et ses parts de marché », propos rapporté par lejdd.fr, 19 juin 2008.
· [Le détournement d’argent public en Afrique ?] « Ce sont vraiment des sujets qui ne me semblent pas devoir être au cœur de (…) notre expression », interview à France 24, 20 juin 2008.
· « Si nous ne sommes pas les partenaires économiques privilégiés, alors on ne pourra plus défendre nos valeurs », Interview à France 24, 20 juin 2008.
· « Il ne faut pas qu’on se fasse prendre notre place par des puissances émergentes ». « On veut aider les Africains, mais il faut que cela nous rapporte », Interview à Libération, 24 juin 2008.
· « J’ai créé ma première boîte à 24 ans, sans un rond, c’était bien plus compliqué de faire cela que de s’occuper de l’Afrique ! », interview à Libération le 24 juin 2008.
· « C’est nous qui allons envoyer des cerveaux », réponse à France 24 le 20 juin 2008 suite à une question sur l’immigration choisie.

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10 commentaires

  1. Djé said,

    29 juin 2008 à 1:40

    La Côte d’Ivoire ça représente le PNB de Toulouse disait l’ami Nicolas il y’a quelques mois…une métaphore pour nous rappeler que “la France n’a pas besoin de l’Afrique”. Et pourtant cette même France n’hésitera pas à congédier un de ces ministres qui a eu l’outrecuidance de souhaiter la mort de la Françafrique. Le remplaçant de ce ministre effronté ira jusqu’à aller faire faire acte d’allégeance au doyen de nos potentats. La France n’a pas besoin de L’Afrique qu’il disait…
    L’ami Nicolas fraîchement débarqué à l’Elysée s’est visiblement rapidement converti à la Real Politik . L’épisode du yacht au lendemain de son sacre nous avait déjà mis la puce à l’oreille.

    Leur stratégie est de nous maintenir dans cette léthargie comme tu l’as justement écrit, un africain qui pense est un africain dangereux… nos trop nombreux martyrs peuvent en témoigner.

    Ton texte est bon le frère…mais tu as fait une erreur, cette France ne défend pas ses valeurs, seulement ses intérêts. ..ou bien il s’agit de valeur pécuniaire?

  2. Paul & Mick said,

    29 juin 2008 à 1:57

    Le mot « Valeur » est employé par Joyandet lui-même. Il semble qu’il ne s’agisse pas dans son esprit d’intérêts que la France aurait en Afrique mais bien de « Valeurs Françaises ». Comme si l’Afrique faisait partie du patrimoine Français… Un lapsus plus que révélateur. A moins que les Valeurs dont il est question ne soient: colonialisme, corruption, tricherie, mensonge, etc…

    A bon entendeur,

    Paul & Mick

  3. Djé said,

    29 juin 2008 à 2:06

    Autant pour moi…
    et il ne peut en être qu’ainsi, l’histoire récente le prouve et la gestion monarchique des affaires africaines l’atteste.

  4. Alain said,

    29 juin 2008 à 10:36

    Je suis français, et je souhaite de tout mon coeur que l’Afrique soit autonome un jour. Mais comme puissance dominatrice locale, entre la France, les Etats-Unis et la Chine, je n’ai pas d’hésitation. Je ne dis pas que nous usons souvent à mauvais escient de notre influence. C’est à nous (mais aussi à vos dirigeants qui, trop souvent, s’en mettent plein les fouilles au passage) de faire en sorte que ça vous profite plus. Afin que cette « domination » soit acceptée car bénéfique.
    Quand je lis qu’au Sénégal, il est plus rentable d’importer des boubous de Chine que de les faire sur place, je me dis qu’il y a un énorme problème économique avec la Chine, qui ne permettra certainement pas si elle prend une place dominante en Afrique, que vous vous développiez. Prenez les mêmes recettes qu’eux pour vous développer : « vous voulez vendre vos produits chez nous ? Ok : transfert de technologies ! » 🙂
    Allez : bon courage et j’espère de tout coeur qu’un jour, l’Afrique dispose d’une puissance à la hauteur de ce qu’elle mérite…

  5. Djé said,

    29 juin 2008 à 16:26

    @ Alain,
    quand tu parles de « domination » et puissance dominatrice, c’est de l’ironie je pense…
    Quant à nos dirigeants qui s’en mettent plein les fouilles il me semble que préfet serait le terme le plus approprié

  6. Jean-Né-AC said,

    2 juillet 2008 à 11:15

    Je comprends (enfin j’essaie de comprendre) votre position vis a vis de la France … par contre apres lecture de ce post (je precise lecture car je ne peux pas lire la vidéo) je me pose une question …
    Est ce que l’Afrique doit rompre toute relation avec la France ? car quand la FRance parle de parteneriat avec l’Afrique vous traduisez cela comme un retour au colonialisme…

  7. Paul & Mick said,

    2 juillet 2008 à 12:15

    Cher incrédule Jean-Né-AC,

    De partenariat entre l’Afrique et la France il n’en a été que dans les propos…
    La France n’a jamais été partenaire de l’afrique (Echange gagnant/gagnant) et ce n’est vraissemblablement pas au programme (cf interview de Joyandet).

    Mais pour répondre à ta question, il est certain que l’Afrique aurait davantage à gagner en rompant toute relation avec la France même si ce n’est pas souhaitable de manière si radicale. L’Afrique doit continuer à vendre à la France mais pour les Africains… par exemple.

    Et au contraire la France aurait énormément à perdre si les relations entre la France et l’Afrique étaient coupées. Beaucoup plus que les Français de souche peuvent s’imaginer. Une très importante part de l’économie française reposant sur le pillage Africain.

    A bon entendeur,

    Paul & Mick

  8. Jean-Né-AC said,

    2 juillet 2008 à 14:01

    Je reconnais bien là le ton de P & M et c’est avec impatience que je lis ton commentaire !
    Mais meme si j’abonde dans ton sens quand tu dis que la France perdrai beaucoup si les relations avec l’Afrique se rompai (comme quoi meme un francais de souche peut comprendre…) je n’arrive pas à saisir l’interet pour l’Afrique…

  9. Paul & Mick said,

    2 juillet 2008 à 15:46

    – Pillage de matières première,
    – Corruption,
    – Guerres et élections orchestrées depuis Paris,
    – Dépendances financières,
    – Escroquerie aux comptes d’opérations,
    – Famine dans des pays ayant l’autosuffisance alimentaire,
    – etc…

    La liste n’est pas exhaustive mais c’est un bon début pour « arriver à saisir l’interêt pour l’Afrique de rompre tout lien avec la France »

    A bon entendeur,

    Paul & Mick

  10. food said,

    2 septembre 2011 à 20:18

    What are the best websites and blogs dedicated to reading and literature?


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